Comment caractériser les lémuriens de Madagascar

15 Mar 2022 | îles du monde

Dans la grande île de l’Océan Indien qu’est Madagascar évoluent des primates strepsirrhiniens appelés lémuriens. Il s’agit de petits singes qui sont arrivés sur l’île il y a à peu près 65 millions d’années et qui en sont devenus endémiques. Il y a plusieurs espèces de lémuriens que l’on ne trouve que sur l’île et dont le physique varie d’une espèce à une autre. Ce sont des espèces plutôt petites par leur taille et par leur poids. Les lémuriens peuvent peser entre 30 g et 10 kg. Leur pelage se distingue selon l’espèce en question, mais on les reconnaît grâce à leur longue queue touffue.

Les lémuriens, comme les autres primates, possèdent des doigts opposables sur les membres, que ce soit sur les pattes supérieures et sur les pattes postérieures. Les doigts se terminent par des ongles épais, et, exceptionnellement, le second orteil est équipé d’une griffe de toilette. On note une légère différence entre les pattes, puisque les pattes arrière sont plus grandes que celles de l’avant leur permettant d’effectuer des sauts d’une grande longueur entre les arbres et au sol.

Possédant un museau relativement long, les lémuriens ont un sens de l’odorat très développé. Ils ont, par contre, une acuité visuelle moins accrue et préfère user de leur flair. On remarque une différence de la dentition selon l’espèce. Ainsi, celle de l’Indri est plus coupante pour broyer les graminées tandis que le Phaner dispose d’une dentition plus longue pour mordre dans les écorces. Selon l’espèce, les lémuriens vivent entre 6 ans et 10 ans.

Les lémuriens, un primate emblématique de Madagascar

Les lémuriens sont des primates endémiques de Madagascar, ils vivent dans les forêts tropicales et dans les forêts sèches de la grande île. Les lémuriens font l’objet de contes et légendes de la grande île et sont choisis pour être l’animal emblématique de Madagascar. Les lémuriens commençaient à s’habituer de la présence humaine que, même dans des endroits hors des aires protégées, ils s’approchent des hommes et certains peuvent atterrir sur les épaules. Ils sont de nature sympathiques et avenants, les lémuriens peuvent se réunir autour d’un visiteur seulement en ayant entendu des cris qui leur sont spécifiques ou en étant soudoyés par des nourritures, essentiellement des bananes.

Chez les lémuriens, le régime est plutôt matriarcal, puisqu’on note une certaine dominance féminine. Il est souvent difficile de reconnaître un mâle d’une femelle, le monomorphisme sexuel est évident et la concurrence entre les deux sexes est très fréquente. Vénérés par certains groupes ethniques, les lémuriens sont toutefois des espèces qui deviennent de plus en plus lésés et exposés à des dangers. Herbivores, les lémuriens se nourrissent essentiellement de végétaux, mais certaines espèces ont tout de même des tendances frugivore et insectivore. Grégaire, les lémuriens vivent en groupe sauf l’Aye-aye, une espèce nocturne, qui vit seul et se déplace seul.

La reproduction chez les lémuriens n’est propice que pendant 3 semaines dans l’année. Pour certaines espèces, la monogamie est effective. Selon les espèces, la gestation peut durer entre 9 et 24 semaines. Les lémuriens diurnes, qui se reconnaissent par une taille plus grande, n’ont qu’un bébé pour une portée. Les espèces nocturnes, se distinguant avec une petite taille, peuvent avoir entre 2 et 4 bébés pour une portée. Chez les lémuriens, les bébés s’agrippent au pelage de leur mère.

Les différentes espèces de lémurien

lémurien de madagascar

On compte beaucoup d’espèces de lémuriens, jusqu’à une centaine il y a des années. Malheureusement, plusieurs ont disparu et seuls leurs fossiles sont visibles actuellement dans le parc zoologique de Madagascar. On compte actuellement quelque 36 espèces qui existent toujours, mais certaines sont de moins en moins nombreuses.

Les espèces les plus fréquentes et celles qui fascinent les plus sont :

Le Maki Catta

C’est l’espèce la plus connue et la plus surprenante. Le maki catta se caractérise par sa jolie robe blanche et noire avec quelques touches orange sur certaines parties du corps, mais le signe qui permet de le reconnaître est sa queue annelée en noir et blanc. Le Maki Catta se reconnaît aussi par sa posture assise qui est assimilée à la position du lotus quand il adopte sa position en tailleur, les bras écartés. Le Maki Catta s’assoit ainsi pour laisser ses glandes odorantes qui se trouvent sur ses parties génitales et sur l’avant-bras se réchauffer au soleil pour mieux les stimuler. L’appellation « Catta » vient du mot chat à cause de ses cris qui ressemblent fortement à des miaulements et à des ronronnements.

L’Indri

L’indri est l’espèce ayant la plus grande taille. Il mesure 73 centimètres et son pelage est exclusivement en noir et blanc. L’indri émet de longues vocalises qui sont perceptibles jusqu’à plus de 4 kilomètres. Ces cris renferment toute une information sur l’individu qui les émet : son âge, son sexe et même son état par rapport à la reproduction. Chez les indris, ces cris perçants qui ressemblent à ceux de la baleine, sont généralement suivis de réponses que tous les congénères à proximité diffusent comme répliques. Si l’indri est le plus imposant des lémuriens, la plus petite espèce est le microcèbe pygmée qui ne mesure que 12 centimètres avec un poids moyen de 90 gr.

L’Aye-aye

L’Aye-aye se caractérise par un physique particulier. Il se distingue par des oreilles assimilées à celles d’une chauve-souris, une queue ressemblant à celle de l’écureuil, des yeux au regard perçant et un doigt beaucoup plus long que les autres. L’Aye-aye est un lémurien nocturne, on ne le rencontre pratiquement que la nuit. Discret et solitaire, il est parfois peureux et se cache derrière les feuillages. À Madagascar, chez certaines ethnies, l’Aye-aye est considéré comme un animal malfaisant à cause de son physique et de son caractère nocturne.

Le Sifaka

Également appelé « propithèque de Verreaux », Sifaka est un nom malgache donné à cette espèce qui se caractérise par sa démarche. Le Sifaka est doté d’une approche de pas qui ressemble à des pas de danse. Il se déplace avec des bonds effectués par ses deux pattes postérieures. On le reconnaît par sa longue queue, plus longue même que son corps, et à son pelage qui varie entre le blanc et le noir. Le Sifaka est le plus aimable des lémuriens parce qu’il est plus facile à approcher en lui tendant une banane. Très bavard et plutôt accueillant, le Sifaka attise la sympathie de l’Homme.

Le Vari

Le Vari ou Lémur à crinière, est une espèce caractérisée par une petite taille dont la totalité mesure 90 centimètres, en se répartissant en 42 centimètres pour le corps et 48 centimètres pour la queue. Le pelage est teint en blanc et noir dont la répartition n’est pas similaire, mais certains individus peuvent avoir de poils tout noir ou tout blanc. Cette espèce est parmi celles les plus communes que l’on rencontre facilement sur la grande île.

Le Lémur mongos

Le Lémur Mongos ou Eulémur Mongoz est une espèce dont la taille est généralement un peu plus petite que celle du Lémur Catta. Le Lémur Mongos se distingue par sa couleur gris cendré qui est franchement plus foncé sur le dos et beaucoup plus clair au niveau de la poitrine et du ventre. La tête du Lémur Mongos affiche une couleur toute noire et les deux côtés du cou sont d’un gris très clair.

Protégeons les lémuriens

Les lémuriens sont des primates qui sont parmi les plus exposés à l’extinction. Plusieurs espèces ont disparu et beaucoup restent encore au stade des plus vulnérables, entre autres Le Lépilémur Septentrional. Le nombre des lémuriens sont carrément en déclin, et on a recensé une décroissance chez 90% des espèces il a trois ans, il figure au premier rang de la liste des primates les plus menacés. Plusieurs raisons en sont les principales causes.

Les lémuriens sont de moins en moins nombreux à cause de la déforestation qui sévit dans une grande partie de l’île. Il s’agit de feux de brousses ou de coupes pour la fabrication de charbons. On note également une chasse pour la consommation de sa viande, très appréciée dans certaines régions et de plus en plus fréquent dans les zones reculées. Des habitants dans les sites touristiques et même certains particuliers achètent illégalement des lémuriens pour en faire des animaux domestiques. L’exportation illicite d’animaux exotique constitue également une menace pour les lémuriens. Le changement climatique, un souci majeur dans la grande île, pourrait compromettre à ses habitats, essentiellement pour sa nourriture.

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